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13 juin 2016

Compte-rendu du Congrès de Rodez

Un congrès aux couleurs mitigées

Valérie Tavernier : discours d’ouverture au nom de la section de l’Aveyron Planvengut per ça nostre.

Au nom de la section départementale, de l’ensemble des camarades du département, de l’académie et de la région qui sont mobilisé-es pour l’organisation de ce 10ème congrès du SNUipp-FSU, je vous souhaite la bienvenue en Aveyron.

En préambule, nous souhaitons vous dire que la section du 12 n’est quand même pas peu fière d’avoir réussir à faire participer autant de camarades de l’Aveyron à un congrès national sans avoir à débourser un centime , convaincue par ailleurs que ça va, grâce à vous tou-tes lui rapporter de l’argent…Le plus heureux d’entre nous étant Antoine, notre trésorier, seul homme de la section, qui au passage, va enfin pouvoir avoir plein de copains.

Vous l’avez compris les aveyronnais et les aveyronnaises sont près de leurs sous, c’est pour cela que de tout temps, ils ont investis dans la pierre. Ce qui explique sans doute que c’est dans notre département qu’il y a la plus grande concentration de mégalithes d’Europe, bien plus qu’en Bretagne, donc.

Parmi ces mégalithes, les statues menhirs, femmes et hommes figé-es dans la pierre, qui, non pas depuis le 31 mars mais depuis la nuit des temps passent leurs nuits debout, comme quoi les aveyronnais savent précurseurs dans beaucoup de domaines… Il y a parfois dans la vie des questions existentielles. Sur la route qui vous menait à Rodez, avec la surenchère de difficultés que certain-es d’entre vous ont rencontré, vous avez du vous en poser au moins une avec force : « comment suis-je arrivé-e ici ? ».

La première question en appelle une autre : « pourquoi un congrès à Rodez ? ». Il y a des raisons inhérentes à notre section : une petite section récemment majoritaire qui a le goût du défi et l’énergie d’en découdre chevillée au corps. Ici, à l’impossible, nous sommes tenu-es ! Cap d’être majos, cap de faire monter notre niveau de syndicalisation de 70 % en 6 ans, cap de convaincre tous les niveaux de notre organisation de tenir ce congrès dans notre bout de campagne. En voilà donc une autre raison : la ruralité. Il nous a semblé faire sens de vous réunir ici pour donner corps à notre réalité de terrain, celle de l’aménagement du territoire qui conduit à la désertification rurale, celle de l’éloignement et de la concentration des services publics, celle du dualisme scolaire, celle de la France non pas d’en bas mais d’en loin… et plus en plus loin.

Notre département, comme d’autres, est une terre de lutte et de revendication. À toutes les époques, des femmes et des hommes se sont élevés contre les injustices.

Jean Petit, en 1643, que vous chantez tous et toutes dans vos écoles, roué en place publique de Villefranche-de-Rouergue, victime de la répression féodalo-cléricale lors de la révolte des croquants. Emile Pouget, né en 1860 à Rodez, fondateur du Père Peinard et secrétaire général adjoint de la CGT. Les femmes, usées par la misère, de mineurs de Decazeville, Aubin, Firmi, qui ont défenestré, en ayant au préalable pris la peine de le découiller, le sous-directeur Watrin, à l’occasion d’un conflit qui prendra une ampleur nationale en 1886. Ou encore les gantier-es de Millau qui de grèves en grèves obtiennent les congés payés, douze ans avant le Front Populaire. Mais aussi les mineurs de Decazeville en 1961, les paysans et les altermondialistes du Larzac, les démonteurs de Macdo, et tant d’autres qui ont refusés de se voir sacrifié-es sur l’autel de la concurrence et de la rentabilité.

La préparation de ce congrès a été, et le congrès le sera aussi, rythmée par les nombreuses mobilisations unitaires contre la loi travail et c’est aussi en tant filles et fils de tous ces militants et militantes aveyronnais que nous prenons toute notre part à cette période, convaincu-es que notre syndicalisme, celui de la lutte et de la transformation sociale pose le fait que les intérêts du patronat et ceux du salariat sont opposés, et que le capitalisme ne peut qu’être remis en cause pour transformer la société. Nous y sommes aux côtés de nos camarades de la CGT, de FO et de Solidaires. L’unité syndicale est un puissant levier d’action mais aussi un rempart contre l’ensemble des mesures répressives et sécuritaires qui visent à bâillonner le mouvement syndical et avec lui l’ensemble du mouvement social. Les syndicalistes ne sont ni des voyous ni des criminels ni des preneurs d’otage : ils ne font que s’opposer par des voies démocratiques aux mesures de régressions sociales que le gouvernement veut imposer par la force.

La période peut paraître complexe, les perspectives compliqué-es, mais nous en sortirons gagnant-es et galvanisé-es et nous continuerons à être sur tous les fronts pour imposer le partage des richesses et limiter la puissance patronale avec toutes et celles et ceux qui, quel que soit le gouvernement en place, ont les mêmes orientations que nous.

Avec celles et ceux qui font le constat que cela fait bien longtemps que notre gouvernement a abandonné toute volonté de mener une politique de gauche, au service du peuple. Un gouvernement qui au contraire, en pleine conscience, fait le choix délibéré de l’austérité et de ses dramatiques conséquences, dégradant encore et encore l’emploi, le pouvoir d’achat, la protection sociale et bien entendu les services publics.

L’Ecole et ses personnels n’échappent pas à la règle. Et ce ne sont pas les récentes annonces manœuvrières et électoralistes sur nos salaires et carrières qui changeront la donne. Nous devons convaincre que la politique scolaire du gouvernement s’articule avec l’ensemble des logiques d’austérité et que la priorité annoncée à l’éducation est une priorité médiatique.

Nous sommes et continuerons à être porteurs d’une idée de l’Ecole au service des élèves qui doit offrir à chacun et à chacune la voie de son émancipation individuelle et de l’émancipation collective. Une Ecole qui répond aux enjeux de réussite de toutes et de tous. Une Ecole qui jamais ne servira les intérêts du patronat et du capital.

Temps de travail, rythmes scolaires, salaires, statuts, inclusion, éducation prioritaire, école rurale, formation, RASED… ; c’est au SNUipp-FSU de se poser en maitre d’œuvre du grand chantier de l’Ecole comme il l’a toujours fait, avec sa recette unique, où l’avis de chacun et de chacune est pris en compte, où la synthèse est toujours possible.

Notre force, c’est d’être capables de rassembler largement sur tout le territoire, c’est le nombre croissant de nos syndiqué-es, de nos militantes et de nos militants, c’est la place des sections départementales. Notre force, c’est d’être capables de nous appuyer sur celles et ceux qui font vivre le syndicat dans tout son pluralisme dans la perspective de la construction de mandats ambitieux et offensifs en cohérence avec notre projet syndical pour l’école et la société.

Notre syndicalisme est porteur d’avenir parce qu’il répond aux aspirations profondes de notre profession.

A l’heure de l’ouverture de ce congrès, il est bien sûr trop tôt pour faire état de ce tout ce qu’il aura apporté à notre section départementale. Mais nous souhaitons déjà souligner l’immense solidarité départementale, académique, régionale, syndicale, fédérale, et aussi générationnelle puisque nous avons parmi nous les camarades qui ont fondé la SD12, qui s’est ralliée autour de notre projet initial. Pour nous, les liens qui se sont construits sont puissants et seront un point d’appui inébranlable pour les combats à venir. Nous faisons le vœu d’un congrès consciencieux, studieux, revendicatif, unitaire, libre, indépendant, impertinent, idéaliste et nous en sommes convaincu-es à la hauteur des enjeux qui nous attendent. Pour conclure, nous avons choisi une phrase de Brel : « Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir, et l’envie furieuse de les réaliser ». Nous vous souhaitons à toutes et à tous un très bon congrès.

Le congrès de Rodez s’est conclu vendredi 10 juin par l’élection de 20 secrétaires nationaux qui composent la nouvelle équipe nationale du SNUipp-FSU.

En voici la liste :

- CLAVERE Jean Pierre* - (02) -UA-St
- DAVID Guislaine - (35) -UA-St
- DESSEAUX Luce* - (76) -UA-St
- DUGUET Agnès - (75) -UA-St
- DUNET Beatrice* - (66) -UA-St
- FALICON Jérôme - (51) -EE
- GARNIER Pierre* - (42) -UA-St
- GAUTHERON Claude* - (39)
- GIRARD Tifanie - (77) -UA-St
- HENNIQUE Pascal - (1) -UA-St
- KOSC Olivier* - (51) -UA-St
- MALAISÉ Arnaud* - (75) -EE
- METZGER Régis* - (57) -UA-St
- MIQUEL Philippe* - (40) -UA-St
- MOREAU Emilie - (49) -EE
- NAVARRO Christian* - (31) -EE
- POPINEAU Francette* - (86) -UA-St
- RIZZO Nelly - (41) -UA-St -EE
- ROHMER Jacques - (67) -UA-St
- SOLUNTO Virginie - (67) -EE

* élu-es sortant-es Soit 10 femmes et 10 hommes 14 tendance UA-St ; 6 EE

Le secrétariat national a élu le nouveau co-secrétariat général :

Francette POPINEAU, professeure des écoles de 56 ans, est élue co-secrétaire générale et porte-parole.

Régis METZGER, professeur des écoles de 54 ans, est élu co-secrétaire général.

Christian NAVARRO, professeur des écoles de 58 ans, est élu co-secrétaire général.

Interview Francette Popineau sur L’AEF

AEF : Quel est votre sentiment après votre élection à la tête du Snuipp ?

Francette Popineau : C’est une grande responsabilité qui nous attend car nos adhérents attendent beaucoup du syndicat. Nous devons continuer à mettre sur le débat public nos revendications, à l’image de ce qui a été fait ces dernières années par Sébastien Sihr et son équipe, ce qui a permis d’obtenir de belles avancées. La mise en place de ce co-secrétariat est une nouveauté et va permettre à la direction d’être plus horizontale et de bénéficier d’un travail collectif. L’idée est de faire une gouvernance plurielle.

AEF : Quelles sont vos priorités ?

Francette Popineau : Il faut donner aux collègues les moyens de bien faire leur métier et que leur valeur professionnelle soit reconnue, pas seulement au niveau de la rémunération mais aussi dans la reconnaissance de leur expertise. Il faut que la priorité au primaire se concrétise dans tous les écoles, car beaucoup d’entre elles n’ont pas senti de différences malgré cette "priorité". Il y a des problèmes de remplacement dans quasiment tous les départements, des difficultés autour de la formation continue, etc. Nous avons donc réaffirmé nos revendications lors du Congrès.

AEF : Justement, quelles sont-elles ?

Francette Popineau : Le temps de travail des collègues est un des axes forts. Ils manquent de temps pour discuter, échanger, évoquer les cas des élèves les plus en difficulté. Pour cela, nous proposons la suppression des activités pédagogiques complémentaires qui n’ont pas prouvé leur efficacité. Il faut redonner ce temps aux enseignants, d’autant plus en cette période où ils doivent s’approprier les nouveaux programmes et le fonctionnement par cycles. Également, l’état de la formation initiale n’est pas satisfaisant. Avec les ESPE , le gouvernement a remis sur la place publique l’idée de formation initiale, mais il faut encore batailler pour qu’elle soit de qualité. Il faut en revoir l’architecture et nous proposons que le concours soit placé après la licence pour que s’ensuivent deux ans de formation théorique et pratique, en alternance durant laquelle l’étudiant est rémunéré. C’est un sujet à travailler car nous ne souhaitons toutefois pas nous éloigner de la formation du second degré. Nous souhaitons aussi favoriser l’accès au métier d’enseignant aux étudiants les moins favorisés, par exemple avec un système de bourses. La question de l’inclusion est également revenue lors du Congrès. Nous ne remettons pas en cause l’école inclusive mais il faut lui donner les moyens. Il faut réfléchir à des dispositifs d’aides à la fois pour les élèves en situation de handicap ou en grande souffrance, et pour les enseignants. Nous soumettons l’idée d’un "pôle ressources" pour accompagner les enseignants, ainsi que le développement des Ulis et de structures d’adaptation. Nous pourrions également envisager un aménagement du temps scolaire pour permettre à ces élèves de ne venir que sur des temps courts car souvent, pour eux, venir toute la journée est compliqué.

Bilan de ce congrès : interventions de quelques camarades

En plein mouvement social contre la loi El Khomri, le congrès a largement voté un appel à la réussite des grève et manifestation du 14 juin et à la poursuite de la mobilisation et les congressistes se sont déplacés le jeudi pour manifester contre la loi travail.

La loi « travail » a bien sûr fait l’objet de nombreuses interventions dont celle de Gervaise Knoff :

"«  Le Code du travail est l’ennemi n°1 des patrons », a dit Pierre Gattaz. Allons bon. Effectivement, le Code du travail c’est l’état de droit dans l’entreprise, un rempart contre la subordination totale de l’employé à son employeur.

Le gouvernement a fait le choix, après les lois Macron de 2015, de passer en force une loi qui est une étape de plus dans xl’offensive contre les garanties collectives et le droit des salariés. Si vous avez aimé le 19ème siècle, vous allez adorer le 21ème !

Placer la négociation au niveau de l’entreprise, c’est simplement la mettre là où le rapport de force est le plus vulnérable. Comment imaginer que la négociation d’entreprise pourra peser en faveur des salariés quand le Code et les conventions de branche n’édicterons plus que des garanties minimales, voire facultatives ?

Si ce projet de loi vise d’abord à modifier le Code du travail, les agents de la Fonction publique sont concernés, par solidarité bien sûr, mais aussi par les régressions qui pourraient être transposées dans le secteur public. En effet, nombre de règles inscrites dans le statut de fonction publique sont la transposition de dispositions du Code du travail.

Devant cela, salariés, retraités, jeunes, précaires en sont à leur 3ème mois de mobilisation, à leur 8ème journée d’action, épaulés par une intersyndicale de 7 syndicats de salariés, étudiants et lycéens. Une forme nouvelle de mobilisation est apparue, via les réseaux sociaux et la mise en place un peu partout des « Nuits Debout ». Des lieux de débats et de réappropriation du politique dans son sens noble, de la transformation sociale que nous portons, et auxquels nous devons être attentifs et participatifs.

Reste la méthode… Pour satisfaire aux exigences du MEDEF, ce gouvernement choisit une nouvelle fois le déni de démocratie parlementaire par le recours au 49.3. C’est également l’offensive orchestrée par des médias entre les mains de milliardaires. Pierre Gattaz, celui qui en veut toujours plus, traite la CGT et les manifestants de « voyous » et de « terroristes » déniant au passage le droit de grève.

Enfin, c’est une nouvelle conception du maintien de l’ordre qui laisse champ libre à la violence d’état, à tel point que le ministre de l’intérieur a dû saisir l’IGPN après la grave blessure d’un manifestant. Les empêchements de journalistes indépendants à faire leur travail sont devenus monnaie courante…

Tous ceux qui, comme nous, nous battons contre ce texte ont de quoi être fiers. En représentant les intérêts de tous, nous avons le soutien de la majorité de la population. La mobilisation contre le projet de loi travail s’amplifie et s’enracine durablement pour le retrait du projet de loi et l’obtention de nouveaux droits. La votation citoyenne organisée par les 7 organisations syndicales doit permettre à tous les salariés, jeunes, privés d’emplois, retraités et citoyennes et citoyens de s’engager dans la mobilisation. Une nouvelle journée de mobilisation est annoncée : en route, mes camarades, pour un 14 juin puissant à Paris !

Et comme les communards l’ont chanté au 19ème siècle, en mai 1871 : Oui mais ! Ça branle dans le manche, Les mauvais jours finiront. Et gare à la revanche Quand tous les pauvres s’y mettront."

Le raidissement sécuritaire du gouvernement « socialiste » a été pointé par Virginie Solunto : "En Allemagne, les polices affrontent depuis longtemps des violences au nombre desquelles des défilés de Pegida, ou de néonazis. Sans matraquage systématique, sans jets indiscriminés de gaz lacrymogène, sans menottes, sans passage à tabac, sans perte de contrôle. Et pourtant elles protègent les foules, elles subissent des violences, elles séparent des belligérants, elles emploient la force et elles interpellent. C’est tout simplement que le pouvoir politique a décidé de gérer « autrement ». Depuis une quinzaine d’années, le choix a été fait de la « désescalade » et a introduit dans la constitution une « obligation de communication et de coopération » des forces de l’ordre avec les contestataires, inspirée du travail social et visant à réduire la conflictualité dans la confrontation avec des personnes hostiles. Cette politique a participé à une nouveau modèle de maintien de l’ordre en Europe, Suède, Danemark, Hollande, Angleterre, Suisse romande. Nouveau modèle que les polices françaises spécialisées dans le maintien de l’ordre ne peuvent ignorer.

Quand là-bas il s’agit d’empêcher les plus radicaux de nuire, ici l’efficacité politique se compte en nombre d’interpellations et de déferrements. Quand là-bas on installe des écrans géants pour informer la foule, notamment lors des phases critiques de dispersion, et qu’on garantit ainsi la sécurité des manifestant-es, qui est une des missions de service public, ici c’est la stratégie de la tension, l’écrasement et les grenades de désencerclement. Le gouvernement a fait le choix de la violence et de la répression pour discréditer le mouvement social et dissuader les travailleurs de venir manifester leurs désaccords. Paris, Rennes, Nantes, Lyon, Saint-Malo.

Combien de blessés parmi les manifestants depuis le début, combien de nez cassés, d’hématomes, de fractures, de suffocations ? Les récentes attaques contre des journalistes, pourtant identifiés dans l’exercice de leur métier, tentent de bâillonner la presse. A Paris, que s’est-il passé exactement pour que Romain, après l’explosion de grenade dont il a été victime, se soit retrouvé avec un œdème cérébral ? A Rennes ce sont trois journalistes qui ont eux-aussi été la cible des attaques policières. Jusqu’aux grilles des collèges, à Saint-Malo, les réponses policières aux expressions de colère, même bonne enfant, sont démesurées et sans la moindre recherche de dialogue.

C’est l’affolement à la tête du pouvoir, au MEDEF, à droite. Ils parlent de « terrorisme social », de « sabotage » et de « guerre civile » et cherchent à décrédibiliser une révolte sociale légitime qu’ils ont provoquée. La violence c’est celle d’un projet de loi qui déséquilibre plus encore le rapport de force aux dépens des salariés. C’est celle d’une société où l’inégalité de pouvoir entre le capital et le travail le dispute à l’oppression que subit la majeure partie de la population. C’est la violence de la précarité et d’un mépris de classe quand on condamne des syndicalistes d’Air France qui déchirent une chemise en défendant leurs emplois, tout en expliquant à des ouvriers qu’ils n’ont qu’à travailler pour se payer des costumes.

La violence c’est celle du 49-3, déni de démocratie et abus de pouvoir de la part du gouvernement. C’est celle aussi de l’état d’urgence, de ses interdictions de manifester et de ses restrictions des libertés publiques. La démocratie est en danger, et partout de jour comme de nuit, le peuple est debout et marche pour la défendre. "

Un congrès du SNUipp-FSU accorde toujours une large place à l’école, c’est aussi le thème qui a reçu le vote le plus mitigé avec 90% de suffrages favorables alors que les autres textes recueillaient l’unanimité ou presque. Lire l’intervention de Claude Gautheron sur le sujet : " Depuis le congrès de Saint-Malo, les réformes que nous tentions de caractériser avec difficulté ont été appliquées. Nous devons maintenant en faire le bilan à l’aune des espoirs qu’elles auraient pu faire naître mais surtout de leurs effets dans les écoles. Si à Saint-Malo le SNUipp pouvait encore hésiter voire se déchirer à propos de la réforme des rythmes, nous n’en sommes heureusement plus là. Réforme inefficace, inégalitaire, déstructurante et j’en passe. Une question demeure : pourquoi autant d’acharnement de la part du ministère à poursuivre une réforme dont les effets sont aussi délétères ? Une réforme aussi massivement rejetée ? Certainement parce que les véritables enjeux ne sont pas là où nous les cherchions. Cette réforme restera comme celle qui dédouane l’état de ses responsabilités et qui confie aux collectivités territoriales une clé supplémentaire de la maison éducation et qui renforce les inégalités entre les populations selon qu’elles occupent un territoire ou un autre.

En terme de détournement de sens d’autres aspects de la politique éducative sont aussi concernés. Que dire d’une bienveillance qui apparaît comme un adoucissement de peine, dont les enseignants voudront bien sûr se charger, pour des élèves scolarisés dans des conditions qui ne se sont pas améliorées au cours de ce quinquennat : classes surchargées (7000 classes à plus de trente en maternelle), enseignant-es non remplacés, mal formé-es, croulant sous des tâches autres que celles auxquelles il est urgent de se consacrer. Les 60000 postes promis ne seront pas au rendez-vous et quand bien même ils le seraient, la hausse démographique ne permettrait pas aux enseignants de travailler mieux ou autrement. Le prétendu retour de la formation initiale avec concours en fin de M1 s’est traduit par une dégradation des conditions de formation pour les étudiants et les stagiaires et de travail pour les formateurs-trices. Et l’inclusion ? Ou comment obéir à un principe juste mais en s’exonérant de toute réflexion sur la faisabilité, en déstabilisant les classes ordinaires et en affaiblissant le tissu de dispositifs et d’établissement spécialisés.

Que du négatif me direz-vous ? Bien sûr il y a les programmes qui eux marquent une évolution positive par rapport à ceux de 2008, bien sûr il y a l’éducation prioritaire qui a vu ses moyens augmenter mais, quand même, pas au point de la rendre attractive pour nos collègues ou d’assurer la continuité du service public pour les élèves. Mais les programmes de 2002 qui étaient de bons programmes avaient-ils suffi à inverser la spirale négative pour l’école ? Non parce qu’on sait tous ici que l’avenir de l’école ne repose pas uniquement sur les contenus d’apprentissage ni sur l’affichage de bonnes intentions. Et il ne s’agit pas non plus seulement d’une question de moyens qui ne seraient pas à la hauteur et qui laisseraient espérer des jours meilleurs.

Les grands enjeux sont d’une autre nature et surtout d’une nature éminemment politique. C’est pourquoi la seule vraie question que doit se poser le SNUipp pour l’école est celle de la démocratisation : transformer l’école, c’est changer de paradigme, c’est ne plus se laisser imposer une norme scolaire avec comme seule référence les enfants issus des classes économiquement ou culturellement favorisées. Transformer l’école c’est prendre au sérieux le rapport aux savoirs des enfants des classes populaires, c’est prendre au sérieux leur réussite scolaire. C’est ne pas accepter le recours à d’hypothétiques talents, chez les élèves comme chez les enseignant-es, pour justifier les inégalités, c’est se donner les moyens d’enseigner et d’apprendre autrement. Rupture, disons-nous ? Non il n’y aura pas de rupture tant que le tous et toutes capables ne se concrétisera pas en un tous et toutes éduqué-es, émancipé-es et libres de faire des choix qu’ils soient personnels, professionnels ou citoyens."

Mais l’analyse des suites de PPCR était bien sûr aussi l’un des enjeux, exprimé par Arnaud Malaisé

"Après une poursuite du gel du point d’indice pendant les quatre premières années du quinquennat, et un dégel très symbolique arraché par la mobilisation, le gouvernement se targue d’avoir mis un milliard sur la table pour revaloriser les carrières enseignantes. Un milliard sujet à caution, une estimation plausible le chiffre plutôt à 250 millions. Un quart de milliard donc, qui pèse peu face aux 41 milliards de cadeaux au patronat.

Et ces 41 milliards, eux, pèsent beaucoup face aux 50 milliards de coupes budgétaires des politiques d’austérité.

Ce quart de milliard, lui, permet une revalorisation, somme toute modeste, des carrières. Par exemple, le gain lié à la hausse de l’Isae sera bien plus important, et plus rapide. Restera encore à transformer cette indemnitaire en indiciaire, seule garantie que cette hausse uniforme soit touchée par tout le monde. Sur la revalorisation, à côté d’un saupoudrage de quelques points d’indice sur les différents échelons, une réelle avancée est à noter avec l’accès à la hors classe qui devrait enfin s’ouvrir à toutes et tous. Il reste toutefois à concrétiser cette avancée et à imposer au ministère une automaticité de passage.

Reste le troisième grade, tant vanté dans la communication ministérielle. Cette classe exceptionnelle, tout un programme, révèle un changement de paradigme dans le déroulement de carrière et la place prépondérante qu’y prendrait la hiérarchie.

Jusqu’à présent les choix professionnels n’avaient pas de répercussions directes sur l’avancement, même si par ailleurs l’exercice de certaines fonctions permettait d’obtenir plus facilement une meilleure note d’inspection et ainsi d’accéder à la hors-classe. L’accès à ce nouveau grade passerait, lui, quasiment obligatoirement par l’exercice préalable de fonctions bien précises, direction d’école ou conseiller pédagogique, ou en éducation prioritaire.

Jusqu’à présent l’avis du supérieur hiérarchique, la note, était pondérée par l’expérience professionnelle, l’AGS, pour déterminer le barème des promotions. L’accès à ce nouveau grade se baserait, lui, uniquement sur l’avis de la hiérarchie à travers un rendez-vous de carrière.

Rendez-vous de carrière qui constitue une petite révolution pour les enseignants. C’est un outil managérial déterminant directement le déroulement de carrière. Un outil managérial discriminant sur la base du seul mérite et d’un décorticage du parcours professionnel. Un outil managérial qu’on retrouverait pour déterminer la durée des 6e et 8e échelons et surtout le moment du passage à la hors-classe, un delta de 6 ans minimum, tout de même, entre un passage dès que possible et un passage à l’issue du 11e échelon.

Renforcement des inégalités, déroulement de carrière dépendant des fonctions exercées, prépondérance du mérite, division de la profession… nous valons bien mieux que ça. Un quart de milliard, c’est insuffisant. Le renforcement du management, c’est inacceptable.

Plus que jamais le projet du SNUipp est d’actualité et audible. Une carrière amplement revalorisée. Une carrière resserrée avec un écart limité entre son début et sa fin Une carrière cylindrique parcourue au même rythme par toutes et tous. Faisons-le partager largement à la profession.

Par ailleurs, notre démarche syndicale sur ce dossier des carrières est valable pour l’ensemble des dossiers. L’analyse exigeante des propositions du ministère et la mise en avant de notre projet pour l’école et les enseignants, d’une part. La volonté de les faire partager largement par le biais d’une campagne syndicale, et donc la construction d’un rapport de force pour l’imposer, d’autre part."

L’école émancipée a fortement pesé dans ce congrès, en commençant par l’intervention de Christian Navarro qui en a clairement posé les enjeux. "Je veux livrer ici à l’entrée de notre congrès national quelques réflexions qui, à mon sens, sont au cœur des enjeux auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui.

Si sur le terrain des inondations, c’est la décrue, sur le terrain social, la mobilisation contre le projet El Khomri ne décroit pas, elle, mais se renforce, avec une confrontation qui se durcit.

Que dit cette mobilisation, ce mouvement social qui combat depuis trois mois maintenant ce projet de loi ?

Un, le mouvement social, le mouvement syndical ont repris la main sur la question sociale et ça c’est une très bonne nouvelle. Autre bonne nouvelle, la mobilisation de la jeunesse, si atone depuis une dizaine d’années, et ce sur des valeurs communes avec notre mouvement syndical. On notera que dans les moments de mobilisation sociale on n’entend plus l’extrême-droite qui avait tenté un holdup sur le social et qui pouvait apparaître pour une partie non négligeable des salariés comme une alternative au libéralisme. Ce qui bien évidemment n’écarte nullement le danger que continue de représenter l’extrême-droite dans notre pays et l’absolue nécessité de la combattre.

Repris la main parce que nous avons gagné en grande partie la bataille d’opinion. Depuis 3 mois l’opinion publique soutient majoritairement la mobilisation en caractérisant le projet El Khomri comme favorable aux entreprises et défavorable aux salariés. Ce soutien est essentiel et il faut à tout prix le conserver. Et dans cette campagne d’opinion et dans l’élévation du rapport de force, il faut noter l’importance qu’ont pris les réseaux sociaux et d’autre formes de lutte, dont les Nuits Debout. Cela a permis à de nombreux salariés, et notamment de jeunes salariés, souvent cantonnés dans des emplois précaires et dans des déserts syndicaux, de prendre conscience des dangers de ce projet de loi et de se mobiliser.

Deuxièmement, et ce n’est pas une surprise, le quinquennat Hollande restera marqué comme celui de la trahison politique, sociale et morale. Après l’épisode détestable de la déchéance de la nationalité, les choix autoritaires et liberticides avec l’état d’urgence, la loi travail agit comme un révélateur de cette politique.

Sur la forme d’abord, alors que Hollande et Valls n’ont que démocratie sociale et dialogue social à la bouche, sur une question aussi essentielle qu’une réforme du code du travail, le projet de loi est sorti sans aucune concertation préalable avec les organisations syndicales. Autant de mépris envers les salariés et leurs organisations syndicales en dit long sur le sentiment de toute-puissance et la coupure avec la société de ceux qui s’apparentent de plus en plus à une caste.

Passage en force confirmé à l’Assemblée avec le 49-3. Mais aussi avec cet entêtement à ne pas vouloir retirer ce projet ni négocier réellement. A ces dénis démocratiques, à cet autoritarisme, le gouvernement ajoute la répression du mouvement social avec des violences policières qui s’exercent, y compris contre les journalistes, pour tenter de faire taire la contestation.

Sur le fond ensuite, le gouvernement n’a eu aucune volonté de se placer dans la posture social-démocrate traditionnelle, c’est-à-dire de tenter un compromis entre les intérêts des salariés et ceux du patronat. Non d’emblée, c’est le tout libéral car la cible de ce projet de loi a été de réduire les droits des salariés.

Parce que si c’est porte fermée et passage en force pour les salariés et leurs organisations syndicales, c’est open-bar pour le Medef. On le sait, le cœur de ce projet, c’est l’attaque du principe de faveur qui protège les salariés en permettant à tous, quelle que soit la taille de l’entreprise, de bénéficier d’un socle commun de droits. Derrière l’objectif de renverser la hiérarchie des normes se cache la volonté de déporter le rapport de force social au niveau de l’entreprise, là où il est, en règle générale, le plus défavorable aux salariés et le plus favorable au patronat. Et pour verrouiller l’affaire et contourner les syndicats majoritaires qui refuseraient un projet patronal, on ressort l’arme du référendum pour l’offrir à des syndicats minoritaires qui eux l’approuveraient. Chacun et bien conscient que, comme à chaque fois, après avoir réduit les droits des salariés du privé, viendra le tour de ceux du public.

Mais cette mobilisation sociale nous dit aussi des choses sur le mouvement syndical. Elle confirme, ce n’est pas un scoop, qu’il y a bien deux orientations dans le syndicalisme français. Celle portée par la CFDT et l’UNSA, qui accompagne le libéralisme et qui aujourd’hui agit en soutien assumé du gouvernement.

Et il y a celle que nous portons avec les forces investies dans l’intersyndicale. Elle refuse les régressions sociales, elle lutte pour toujours plus de progrès social et de droits nouveaux. Elle se bat pour un partage des richesses plus favorable au monde du travail et pour la limitation de la puissance patronale. Elle remet en cause le capitalisme - dont le système de production nous entraîne à la catastrophe - dans une optique de transformation.

De ce point de vue-là, les salariés vivent une véritable leçon de choses depuis 3 mois. Profitons-en ! Renforçons nos liens avec CGT et Solidaires. Portons devant les salariés la nécessité d’un nouvel outil syndical ouvert à tous et rassemblant, pour le renforcer, le syndicalisme de transformation sociale. Très concrètement, profitons de la votation pour multiplier les initiatives unitaires pour faire signer la population. Et sans attendre préparons la suite, dès la semaine prochaine, avec la manif nationale et la grève du 14 juin. Il nous faut maintenant faire grandir l’idée dans la profession - qui pour le moment soutient mais participe assez peu aux mobilisations - que « ça vaut le coup » d’être en grève le 14 juin et que « ça vaut le coup » de participer à l’aventure collective de la montée à Paris. Et mettons tout en œuvre pour élargir la mobilisation avec la participation la plus massive possible à la votation citoyenne. Décidons d’un appel fort de notre congrès aux personnels à la grève et à la manifestation nationale le 14 juin à Paris.

Deuxième question sur laquelle je veux revenir, c’est celle de la réforme des rythmes. Par pour discuter la réforme elle-même ni ce que nous devons porter (c’est le congrès qui le dira), mais sur ce qu’elle dit de l’école et des enseignants aujourd’hui. Mais aussi ce qu’elle dit sur notre syndicalisme qui a reçu à cette occasion un véritable coup de semonce.

On a dit que cette réforme avait cristallisé un mécontentement profond de nos collègues par rapport à leurs conditions de travail et plus généralement par rapport à leur condition professionnelle. C’est vrai.

Mais on n’a pas analysé au niveau national avec toute la force nécessaire ce que la suppression du mercredi matin signifiait dans ce contexte. Cette suppression a été vécue à une large échelle (et plus fortement encore dans les zones urbaines en tension) comme la suppression d’un des rares moments « à soi », où on pouvait « souffler » par rapport à un quotidien professionnel très dégradé.

On a sous-estimé l’état de tension vécu par la profession…et l’entrée par le « C’est mieux pour les élèves » nous a quelque peu aveuglés.

Toutes les enquêtes, toutes les études faites autour du chantier sur le travail enseignant convergent pour dire que notre profession vit très mal son impuissance devant la persistance et même l’aggravation des inégalités scolaires. Mal être renforcé par les réformes Sarkozy qui ont toutes tourné le dos au « Tous capables », et donné à voir que le pouvoir politique, mais aussi la hiérarchie de l’éducation nationale avaient renoncé à l’élévation du niveau de tous.

Mal être aggravé avec, conséquence de l’austérité budgétaire, des conditions de travail très difficiles, trop souvent des effectifs lourds, la perte très conséquente de ressources en enseignants spécialisés, la quasi disparition de la formation continue.

Accentué aussi par le développement des logiques de pilotage managériales, le renforcement du contrôle hiérarchique qui de plus en plus mettent à mal toute autonomie professionnelle.

Et cette situation très dégradée perdure aujourd’hui. Si elle trouve son origine dans le quinquennat Sarkozy, elle n’a pas été fondamentalement modifiée par la politique éducative actuelle.

A cette mauvaise perception de la situation générale vécue par la profession se sont rajoutés des évolutions importantes qu’a dû subir notre syndicalisme dans son lien avec les personnels. Nous avons subi avant tout les attaques contre le droit syndical - et notamment les RIS – qui avaient pour but de casser ce lien fort que nous avions avec la profession.

Dans le même temps, le resserrement des équipes militantes, les évolutions dans l’engagement militant, la forte prégnance des demandes institutionnelles à tous les niveaux, l’arrivée massive des nouvelles technologies, … ont modifié notre activité militante quotidienne avec des difficultés à maintenir un lien régulier avec le terrain. (Même si les réalités départementales sont diverses).

Et nos résultats en baisse lors des élections professionnelles renvoient à mon sens à ces deux aspects : d’abord une perte de clarté de nos idées et de nos propositions - parce que nous avons eu une analyse incomplète de ce qui se jouait et que les rythmes ont mis à jour – conjuguée à un affaiblissement de notre présence auprès des personnels.

Mais je pense que cette situation est pour l’essentiel derrière nous. Depuis la secousse des professionnelles, nous avons commencé à tirer les bilans de la période et commencé à réajuster notre activité syndicale, à la rééquilibrer.

Qu’on ne s’y méprenne pas. Il ne s’agit nullement de reléguer au second plan tout ce que nous portons sur la nécessaire transformation du métier et de l’école publique pour sa démocratisation. Au contraire, il est même essentiel de porter fortement notre projet émancipateur pour qu’il soit l’affaire de tous les enseignants.

Mais ce projet, notre projet, a besoin que nous renforcions résolument notre seconde jambe, celle de la défense des intérêts et des droits des personnels et de leurs revendications.

Et nous avons déjà commencé à le faire avec la campagne sur les conditions de travail. Celle sur les salaires. Nous allons la poursuivre aujourd’hui avec la question de l’évaluation professionnelle conçue par le ministère comme un outil de différenciation des carrières et donc de division de la profession. Il va nous falloir hausser le ton à la fois pour dire ce que nous ne voulons pas et faire partager très largement ce que nous portons : une évaluation totalement déconnectée de la carrière, reposant sur l’échange entre professionnels et recentrée vers le conseil et l’accompagnement.

Poursuivre également en renforçant nos liens avec les personnels. De ce point de vue, l’engagement sans précédent des équipes militantes lors de la campagne pour les professionnelles s’est poursuivi et se mesure très concrètement aujourd’hui par les bons chiffres de la syndicalisation.

A partir de ces bons fondamentaux, la période qui s’ouvre doit être celle de la confirmation de ces choix et de l’amélioration de notre fonctionnement collectif. Je suis persuadé qu’après la période de tensions internes que nous avons connu et pour répondre à l’ensemble des enjeux qui sont devant nous, il nous faudra jouer collectif pour nous permettre d’être davantage en capacité d’élaborer des synthèses exigeantes et partagées.

Collectif dans les relations équipe nationale et sections. Il est nécessaire que l’ensemble des sections, la diversité et le pluralisme de notre syndicat, se « retrouvent » dans l’équipe nationale et dans ce qu’elle porte. Au niveau de sa composition comme dans l’amélioration du fonctionnement du conseil national, ce que nous avons commencé à faire et qu’il faut poursuivre notamment en termes de préparation, de priorisation des questions à traiter et de compte-rendu de l’activité et des mandats donnés au secrétariat national. Ce qui implique aussi de développer sous toutes leurs formes les relations national/départemental.

Collectif au niveau de l’équipe nationale. A un fonctionnement trop pyramidal, il faut substituer un fonctionnement plus collégial et plus horizontal, plus efficace parce que facilitant l’autonomie et la prise de responsabilités et donc plus à même de traiter de manière pertinente l’ensemble des questions auxquelles nous sommes confrontées à tous les niveaux.

Questions d’ailleurs qui sont de plus souvent aujourd’hui de nature fédérale (les nouvelles grilles, les carrières, l’évaluation professionnelle par exemple). Nous devons donc renforcer résolument le travail avec et dans la FSU, comme avec les SN concernés, pour gagner en cohérence, en efficacité et donc peser davantage face au ministère.

Un plus collégial qui nécessite de donner toute sa place au secrétariat national. Un plus collégial qui passe aujourd’hui par la mise en place d’un co secrétariat général aux responsabilités partagées.

Ce que je dis là peut paraître à certains trop critique, à d’autres trop ambitieux, ou hors sujet. Je suis quant à moi persuadé que le renforcement du SNUipp-FSU auquel nous sommes toutes et tous attachés passe par cette voie-là et qu’aujourd’hui, les conditions sont réunies et que nous sommes « mûrs » pour y parvenir. Très bon congrès à nous tous . "

Privilégiant la construction collective, le congrès a fait preuve de maturité en adoptant un texte fixant clairement le cap d’un fonctionnement plus démocratique, collectif et transparent, passant notamment par la désignation de 3 co-secrétaires généraux en lieu et place d’un SG et de 2 SG adjoints et une réflexion sur le fonctionnement interne du syndicat.De bons textes de congrès mandatant le SNUipp-FSU pour les trois prochaines années et un engagement pour peser encore et plus dans les luttes pour la transformation de la société et de l’école. Reste à faire vivre tout cela collectivement...

Pour ceux qui veulent voir les photos voici le lien https://www.flickr.com/photos/snuippnational/albums/72157669118107082

 

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